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Les contributions grenobloises au 5ème rapport du GIEC

Communiqué publié le 30 novembre 2013

par Natacha Cauchies - 1er octobre 2013 ( maj : 25 février 2014 )

Présenté dans le cadre d’une conférence de presse internationale à Stockolm le 27 septembre puis officiellement publié ce lundi 30 septembre 2013, le 5ème rapport du GIEC marque une nouvelle étape dans la contribution scientifique mondiale à la compréhension et à la prise de conscience de l’impact de l’Homme sur notre climat. A Grenoble, les recherches menées au sein des deux laboratoires de l’OSUG, le LGGE et le LTHE, contribuent très largement à ce rapport.

Plus de 250 scientifiques internationaux, choisis pour leur expertise prouvée dans les domaines en question, ont contribué à ce rapport d’environ 1000 pages. Il résume l’état des connaissances scientifiques actuelles sur le système climatique en lien avec son évolution future. Ce rapport établi sur la base des meilleures publications scientifiques de référence, rend compte de plusieurs progrès importants, mais dans les grandes lignes, il confirme et étend les conclusions des rapports précédents, dont le dernier a été publié en 2007. Publication qui avait valu au GIEC -organisme international créé conjointement par l’Organisation Météorologique Mondiale et l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement) en 1988- d’obtenir le Prix Nobel de la Paix en 2007.

Premier volet du 5ème rapport GIEC
Consacré aux "éléments physiques du climat", il évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat. Sa rédaction a impliqué des scientifiques du monde entier, parmi lesquels 2 chercheurs du LGGE.

Parmi les principales conclusions du 5ème rapport du GIEC, on cite par exemple :

  • Il n’y a aucun doute qu’un réchauffement climatique est actuellement en cours et que de nombreux changements actuels des derniers millénaires sont sans précédent.
    La dernière décennie a très probablement été la plus chaude depuis au moins 1400 ans. Les grandes calottes de glace en Antarctique et au Groenland sont en train de perdre de la masse et la très grande majorité des glaciers de montagne du monde recule.
  • L’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre causée par l’Homme, mène à l’accumulation d’énergie observée dans le système climatique. La concentration actuelle de dioxyde de carbone est sans précédent dans les derniers 800000 ans.
  • Le niveau de la mer augmente à une vitesse élevée par rapport aux derniers millénaires. La confiance dans les projections de changements futurs du niveau des mers a augmenté depuis le dernier rapport. En fonction des trajectoires d’émission de gaz à effet de serre considérés, le niveau de la mer pourrait augmenter entre 20 et 100 cm d’ici 2100, si on néglige la possibilité de changements rapides du flux de glace en Antarctique et au Groenland dont la probabilité reste difficile à évaluer.
  • La capacité des modèles de climat à représenter en détail l’évolution climatique passée, notamment au 20e siècle, continue à progresser au fur et à mesure que ces modèles prennent en compte de plus en plus de processus et effets physiques et biogéochimiques.
  • En fonction des hypothèses sur l’évolution future des émissions de gaz à effet de serre, les nouvelles projections climatiques pour les prochains siècles n’ont pas évolué de façon substantielle. Le changement climatique attendu pour un doublement de la concentration de CO2 reste similaire aux valeurs estimées depuis longtemps (autour de 2 à 3 degrés). Aux échelles de temps de quelques décennies, la prévision de l’évolution détaillée et régionale du climat reste un défi scientifique majeur.

Les contributions grenobloises au 5ème rapport du GIEC

Deux chercheurs grenoblois font partie du groupe de travail 1 du GIEC dont le rapport vient d’être publié. Gerhard Krinner est spécialiste de la modélisation du climat polaire et a plus particulièrement travaillé sur les projections climatiques dans le cadre du présent rapport. Dominique Raynaud est spécialiste des carottes de glace et a surtout travaillé sur les parties du rapport portant sur le climat passé. Mais au-delà, c’est toute une communauté de chercheurs qui travaille pour produire du savoir qui alimente les conclusions du GIEC, notamment au sein des laboratoires LGGE et LTHE.

En effet, spécialistes de la reconstruction de la composition atmosphérique passée à partir de l’analyse des carottes de glace de l’Antarctique et du Groenland, les chercheurs du LGGE ont montré le lien fort entre les variations climatiques passées et la concentration de gaz à effet de serre. Par ailleurs, dans ce même laboratoire, la modélisation du climat passé, présent et futur des régions polaires a permis d’établir des bilans de masse des calottes de glace et d’étudier son effet sur le niveau des mers, ainsi que sur les processus de surface et leur effet sur la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les recherches menées au LTHE portent essentiellement sur la caractérisation des régimes pluviométriques dans les régions de mousson et méditerranéennes et sur leur évolution sous climat changeant, ainsi que plus généralement sur les impacts sur la ressource en eau, les événements extrêmes et les adaptations sociales. Les démarches scientifiques menées dans ces deux laboratoires sont fondamentalement multidisciplinaires (glaciologie, océanographie, hydrologie, chimie, biologie, sciences humaines et sociales) impliquant des stratégies d’observation, des développements technologiques et analytiques associés, et de modélisation multi-échelle.

Le LGGE : plus de 50 ans d’étude du climat et de l’atmosphère

En plus de 50 ans, le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE) a bâti sa renommée scientifique sur l’étude du climat et de la composition de l’atmosphère. Ces études portent sur le présent mais aussi sur les évolutions passées au travers des archives que constituent la neige et la glace accumulées au cours du temps. Cependant le LGGE possède d’autres savoir-faire très compétitifs centrés sur la neige et la glace, comme l’étude physique et mécanique du matériau glace, les échanges chimiques air-neige ou encore l’acquisition de données sur le terrain et par satellite. Les régions polaires Antarctique et Arctique sont des terrains d’action privilégiés mais l’expérience du LGGE s’étend aussi aux zones de montagne (étude des glaciers alpins, andins et himalayens, pollution des vallées alpines) et aux océans (rôle de l’océan dans les équilibres climatiques, prévision à moyen terme des circulations océaniques). Ces études contribuent à la compréhension d’importants problèmes scientifiques qui sont souvent des enjeux de société tels que l’effet de serre, la variabilité du climat et de l’environnement, le bilan de masse de la cryosphère et le niveau des mers, la pollution à l’échelle globale et régionale, ou encore les risques glaciaires.

Le LTHE : l’étude du cycle de l’eau et son lien avec le climat et l’environnement

Le Laboratoire d’étude des Transferts en Hydrologie et Environnement (LTHE) est reconnu sur le plan national et international pour ses recherches sur le cycle de l’eau et ses liens avec le climat et l’environnement, avec la perspective de mieux prévoir l’évolution du climat et des ressources en eau associées. Parmi les grands défis scientifiques du XXIème siècle liés aux changements globaux, figure notamment la question de leurs conséquences en termes d’extrêmes climatiques régionaux, un domaine de recherche sur lequel le LTHE est particulièrement actif. Ciblées sur les processus aux interfaces atmosphère - hydrosphère, les études s’intéressent en particulier aux grands ensembles climatiques régionaux comme l’Afrique de l’Ouest, la Méditerranée et les Glaciers Tropicaux. Pour être compris puis prévus, les extrêmes climatiques comme la grande sécheresse en Afrique de l’Ouest , les crues éclair en méditerranée ou encore la fonte des glaciers tropicaux nécessitent, en effet, à la fois des observations de longues durée conduites dans le cadre des Services d’Observations de l’Institut des Sciences de l’Univers (INSU) du CNRS et des modélisation numériques développées en collaboration avec les partenaires comme Irstea et Météo-France.

Contacts scientifiques locaux :
- Gerhard Krinner, chercheur CNRS au LGGE - krinner@lgge.obs.ujf-grenoble.fr
- Dominique Raynaud, chercheur CNRS au LGGE - direction@lgge.obs.ujf-grenoble.fr
- Sandrine Anquetin, chercheur CNRS au LTHE - direction-lthe@ujf-grenoble.fr
- Thierry Lebel, chercheur IRD au LTHE - direction-lthe@ujf-grenoble.fr

Pour en savoir plus :
- Visionner la conférence de presse internationale en webcast ;
- Lire le rapport et le résumé à l’intention des décideurs (approuvé à l’unanimité jeudi 26 septembre) [traduction française à paraître ultérieurement] ;
- Découvrir le fonctionnement du GIEC ;
- Connaître la participation du LGGE au GIEC.

Post-scriptum :

Un point presse a été organisé vendredi 27 septembre 2013 à Paris en présence de chercheurs français impliqués dans le GIEC, dont Gerhard Krinner, directeur de recherche CNRS au LGGE.








       

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