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Regards croisés sur l’avenir des forêts françaises face au changement climatique

Communiqué publié le 17 avril 2012

par assistant com’ - 17 avril 2012 ( maj : 23 avril 2012 )

Une étude, à laquelle a participé un chercheur du LECA, a permis d’évaluer, à partir de huit modèles de dernière génération, la réponse des forêts au changement climatique et de souligner les incertitudes associées. L’objectif de l’analyse était en effet de comparer les sorties de différents types de modèles écologiques et de les combiner afin d’avoir des scénarii plus fiables. L’étude a porté sur une sélection de cinq essences forestières dominantes en France. En général, les auteurs montrent que les plaines de l’ouest, du sud-ouest et du centre de la France seront les plus fortement touchées d’ici 2050. Le changement climatique en France compromettra l’avenir de certaines essences d’arbre en plaine, comme le pin sylvestre. Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue "Ecology Letters".

Le changement climatique n’est pas sans effets positifs sur les arbres. La croissance de certaines essences, comme le hêtre, pourrait être stimulée dans le nord, l’est et en montagne. Plus généralement, les modèles prévoient que toutes les espèces d’arbres étudiées progresseront en altitude et que le chêne vert trouvera des climats favorables bien au nord de la région méditerranéenne d’ici 2050.

L’utilisation d’une grande gamme de modèles, allant de modèles statistiques à des modèles complexes de croissance des arbres, a permis d’identifer des incertitudes dans les prévisions. Ainsi, il est difficile de prédire l’impact du changement climatique sans une meilleure connaissance des effets directs de l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique sur la végétation. Par exemple, les fortes teneurs en CO2 peuvent protéger les arbres contre la sécheresse.

En dépit de ces incertitudes, la plupart des modèles prévoit un recul des espèces de climat tempéré en plaine. Cela concerne plus précisément les essences telles que le hêtre ou le chêne sessile dans les plaines de l’ouest, du sud-ouest et du centre.

Les résultats de ces travaux accomplis au sein du projet QDIV, soutenus par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et le GIS "Climat, Environnement, Société"(1) ouvrent de nouvelles perspectives dans la recherche sur les effets du changement climatique sur la végétation. En effet, ils montrent le besoin de combiner les modèles écologiques de distribution d’espèce, comme le font les climatologues sur les modèles de climat, afin de prendre en compte leurs incertitudes, mais aussi leurs qualités de manière simultanée.

Que faire face à de tels scénarii ? Avec cette nouvelle étude, les scientifiques apportent des informations majeures aux gestionnaires des forêts leur permettant d’anticiper les évolutions à venir. Ces derniers se préparent déjà au changement climatique, en mettant en place différentes stratégies. Certaines consistent à favoriser les espèces plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse aux dépens d’espèces plus vulnérables comme le pin sylvestre. Dans d’autres cas, la meilleure stratégie consiste à améliorer la résilience des forêts - par exemple en renforçant la diversité spécifique et génétique ou en atténuant la sécheresse par une sylviculture plus économe en eau - pour faire face à un avenir incertain.

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Modifications des aires de répartition prévues pour le pin sylvestre d’ici 2055 et dues au changement climatique.
En rouge sur la carte, les régions bioclimatiques avec une perte quasi totale de climat favorable ; en marron clair, une perte modérée ; en vert clair, une faible perte ; en beige, l’absence actuelle de pin sylvestre. Les pourcentages de perte pour chaque région indiquent la moyenne des cinq modèles. Les prévisions de perte par les modèles pris individuellement sont indiquées en médaillon pour chaque région.
© DR

Relais de partenaires et couverture médiatique
- CNRS
- INSU
- UJF

Référence
Climate change impacts on tree ranges : model intercomparison facilitates understanding and quantification of uncertainty, Alissar Cheaib1, Vincent Badeau2, Julien Boe3, Isabelle Chuine4, Christine Delire5, Eric Dufrêne1, Christophe François1, Emmanuel S. Gritti4, Myriam Legay2, Christian Pagé3, Wilfried Thuiller6, Nicolas Viovy7 and Paul Leadley1, Ecology Letters, 12 mars 2012.

1 Laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution ESE
2 INRA
3 Sciences de l’Univers au CERFACS
4 Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Equipe BIOFLUX
5 GAME-CNRM
6 Laboratoire d’Écologie Alpine LECA
7 Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement LSCE

Contact
- Wilfried Thuiller
LECA
wilfried.thuiller@ujf-grenoble.fr

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