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Céline Lutoff

géographe du risque

par Natacha Cauchies - 27 août 2011 ( maj : 4 juin 2015 )

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Nommée maître de conférences à l’UJF en 2001, Céline Lutoff est depuis janvier 2003, directrice adjointe de l’Institut de géographie alpine aux côtés d’Hervé Gumuchian. Une responsabilité administrative sur laquelle elle s’engage avec enthousiasme et soif de découvrir, comme dans toutes ses expériences précédentes.

Au lycée à Tarbes dans les Hautes Pyrénées, Céline Lutoff rêvait d’être ethnologue : partir et s’immerger complètement dans les modes de vie d’une population. Souhaitant réserver une place importante à sa vie de famille commencée jeune (elle a un premier bébé à 23 ans), la jeune femme a néanmoins conservé son goût pour l’ethnologie, un besoin de découvrir et de s’immerger dans un domaine ou un milieu quel qu’il soit. Elle découvre la thématique de la ville à l’université Pierre Mendès France à Grenoble en DEUG de sociologie puis s’oriente sur une Maîtrise des sciences et techniques en aménagement et développement local. “J’avais bien l’idée de faire de la recherche mais j’ai préféré choisir des formations avec des portes de sortie professionnelles”. Elle continue ensuite en DEA à l’université Joseph Fourier et enchaîne sur une thèse : “le système urbain niçois face à un séisme. Méthode d’analyse des enjeux et des dysfonctionnements potentiels”. “Heureusement que ma fille était là, pour me ramener à la réalité, sinon je me serais laissée engloutir dans mon travail de thèse !” s’exclame-t-elle.

Une méthode de gestion de crise en cas de séisme

Dans sa thèse, elle participe au développement d’une méthode en passe de devenir européenne pour gérer les crises dans les villes en cas de séisme. Son travail sur la ville de Nice a consisté à identifier les organes vitaux de la ville (voies de communication, réseaux d’approvisionnement positions des secours et hôpitaux, concentration des populations et des activités...) pour préconiser ensuite des stratégies de gestion de la crise. “L’intérêt de cette méthode est de proposer aux décideurs des scènes locales de crise pour les aider dans la prévention des risques sismiques.” Aujourd’hui, Céline Lutoff a participé comme formatrice sur cette méthodologie, au programme européen Risk-Ue appliqué depuis septembre 2001, à 7 grandes villes européennes. En plus du suivi de ce programme, la jeune chercheuse envisage de travailler sur les crues torrentielles du Gard en partenariat avec le Laboratoire d’étude des transferts en hydrologie et environnement (LTHE) de Grenoble. “L’idée est de voir si la méthode développée pour la gestion du risque sismique est transposable à celle du risque d’inondation...”

Un enseignement interactif

Intarissable sur son domaine de recherche, elle semble aussi passionnée par son deuxième métier : l’enseignement. “C’est paradoxal : j’ai des appréhensions sur mes capacités à transmettre des connaissances et en même temps je prends un très grand plaisir dans l’échange avec les étudiants”. Elle privilégie ainsi le cours interactif, forme qui se prête assez bien à ses domaines d’intervention sur les outils et la méthodologie et dans son domaine de spécialité : le risque. Elle diffuse aussi régulièrement auprès des étudiants des questionnaires d’évaluation sur ses enseignements. “J’apprécie tout particulièrement le contact avec les premières années qui sont très réactifs et critiques et qui n’hésitent pas à m’interpeller sur ce que je leur présente : à quoi ça sert ? c’est compliqué...” Toujours pour servir les étudiants, elle est depuis la rentrée 2002, correspondante relations internationales de l’UFR de géographie. Enfin, tout récemment, elle a accepté la responsabilité de directrice adjointe de l’Institut de géographie alpine de l’UJF. “J’avais un peu de mal à me repérer dans la grosse machine universitaire, j’ai donc fait le choix encore une fois de l’immersion.” Une méthode qui fonctionne bien : “Après 4 mois de plongée dans le système universitaire, et bien qu’il me reste encore beaucoup à apprendre, j’ai l’impression d’avoir atteint le niveau de compréhension que j’attendais dans un an” confie la jeune femme. Un poste d’ajointe pour un jour devenir directrice ? “Pas nécessairement. Ma plus grande ambition est d’explorer”.

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Celine Lutoff, géographe du risque

Article paru dans le journal hebdomadaire de l’Université Joseph Fourier "Info Hebdo" du 05/01/2004.

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