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Un atlas en ligne pour les stations de montagne

par assistant com’ - 29 octobre 2014 ( maj : 30 octobre 2014 )

Les stations du massif des Alpes bougent : le tourisme évolue, tout comme l’enneigement, le bâti, les remontées mécaniques… Pour mieux les cerner, l’Observatoire des stations de sports d’hiver a été lancé. En compilant des données variées, il permet de mieux décrire et de comparer ces stations. Avec un objectif : donner des pistes aux politiques publiques pour orienter le développement de ces hauts-lieux du tourisme de montagne.

Remontées mécaniques
© H. Bellot / Irstea

A quoi pourraient ressembler les stations de sport d’hiver de demain dans les Alpes ? Celles-ci font face à de nombreux défis : changement climatique, évolution du marché touristique, renouvellement des équipements, etc. "Les stations des Alpes sont également confrontées au vieillissement du parc immobilier : il n’y a en général plus assez de lits pour répondre à la demande des vacanciers, ce qui entraîne une diminution mécanique des séjours. Or ces séjours sont essentiels car ils permettent de financer l’entretien et le développement du parc de remontées mécaniques, et contribuent plus largement aux retombées économiques du tourisme et donc au dynamisme de la station", explique Hugues François, chercheur en aménagement du territoire et spécialiste des questions relatives aux stations de montagne au centre Irstea de Grenoble.

Malgré ces challenges, les outils de connaissance manquent pour piloter les politiques publiques de ces espaces touristiques de montagne. Pour y remédier, l’Observatoire des stations de sport d’hiver a été créé par le centre Irstea de Grenoble, à la demande du Comité de Massif des Alpes. Celui-ci fournit, à tout moment, une vision objective et dynamique du tourisme alpin. Ses objectifs : décrire la diversité des stations, permettre leur comparaison et orienter les choix des politiques publiques dans l’ensemble du massif.

Une base de données pour les stations des Alpes

Fort de l’expertise d’Irstea en matière de recherche sur les milieux alpins, la mission première de cet Observatoire est d’agréger une multitude de données relatives à la santé des stations, lesquelles sont compilées dans la base de données BD Stations : bâti, âge des remontées mécaniques, altitude, front de neige, etc. Pour valoriser ces données, un Atlas des stations du massif des Alpes a été diffusé en 2012. Celui-ci dresse le portrait des stations sous différents angles, comme celui des domaines skiables, de la gouvernance, des dynamiques locales, de l’environnement. Pour que cet outil soit plus facilement utilisable par les acteurs, mais aussi pour encourager le dialogue entre eux, une version interactive a depuis été développée, baptisée Stationoscope et accessible gratuitement en ligne. En plus d’être régulièrement actualisée, un module d’analyse territoriale y a été ajouté : celui-ci peut par exemple fournir un récapitulatif des informations synthétisées pour une zone donnée, une fonctionnalité intéressante pour les gestionnaires du Massif et autres décideurs publics comme privés.

La gestion des remontées mécaniques explorée

Parmi les données emblématiques collectées dans la base de l’Observatoire, celles relatives au modèle de gestion des remontées mécaniques. "C’est un service public sous la responsabilité des communes. Mais leur gestion est très diverse", signale le chercheur. Ces remontées mécaniques peuvent ainsi être gérées directement par les communes, par un groupement de communes, par le département, ou encore confiées à un gestionnaire, qui exploite alors ces remontées pour le compte des communes. La station de l’Alpe d’Huez est un exemple parlant : la SATA (Société d’Aménagement Touristique Alpe d’Huez et des grandes Rousses) a obtenu la concession de l’exploitation des remontées mécaniques et des pistes sur 5 communes du domaine skiable, mais 2 autres communes ont choisi de le confier depuis 2013 à une Société Publique Locale. "Si l’Observatoire des Alpes s’intéresse à la gestion des remontées mécaniques, c’est pour étudier la cohérence du modèle de gestion adopté avec l’unité d’autorité administrative des stations, et éventuellement la réorienter", explique Hugues François.

Comparer les stations et penser leur développement

Face à cette complexité organisationnelle, le projet mené par l’Observatoire des stations est décisif : jamais, avant la base de données BD Stations, un système d’informations n’avait croisé des données communales, comme celles fournies par l’INSEE, des données liées à l’organisation administrative des stations, avec des données commerciales mais aussi techniques sur les remontées mécaniques, ou encore des informations sur les dynamiques immobilières. Le contour des stations est ainsi mieux appréhendé.

"Tous les axes que nous avons explorés et continuons d’explorer vont dans le sens de permettre une comparaison homogène des stations entre elles et ainsi d’aider la prise de décision quant au développement de ces territoires touristiques des Alpes, en proie à des mutations diverses", conclut Hugues François. Après les Alpes, les experts envisagent d’adapter les outils développés dans le cadre de l’Observatoire à d’autres massifs de montagne en France.

L’Observatoire est aussi un lieu de dialogue entre chercheurs
 
Au-delà de fournir le panorama actuel des stations, l’Observatoire constitue un support d’échange entre chercheurs. Dans une optique plus prospective, une coopération avec le Centre d’Etude de la Neige (CEN / CNRM-GAME) a ainsi pu être initiée afin d’étudier les effets du changement climatique. Les chercheurs participant à ce projet ont eu l’idée d’utiliser le modèle d’enneigement SAFRAN-CROCUS en le croisant avec les données spatialisées de la BD Stations. Ce croisement permet d’estimer la quantité de neige au sol des stations et, in fine, de modéliser le domaine skiable potentiel de chacune d’elles.
 
"L’objectif est d’être en mesure de comparer le domaine skiable actuel avec celui, que les stations pourraient développer. Cela nous permettrait aussi de pointer les risques liés aux domaines skiables existants, comme des zones qui auraient à terme un faible enneigement et où il pourrait être utile de développer l’enneigement artificiel. A terme, l’idée, serait de proposer des scénarios d’évolution aux stations et qu’elles puissent s’appuyer sur ces résultats dans leurs décisions politiques", précise Hugues François.

Pour en savoir +
- Dossier Risque avalanches, la recherche veille
- Le centre Irstea de Grenoble

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