À l’écoute des Alpes du Sud : 70 capteurs pour comprendre l’activité sismique
Les données acquises permettront la compréhension des processus tectoniques à l’origine des séismes dans cette région alpine particulièrement active, mais aussi d’améliorer l’imagerie de la croûte terrestre.
La vallée de l’Ubaye est connue pour sa forte sismicité. Historiquement marquée par un séisme de magnitude 5,5 en 1959 à Saint-Paul-sur-Ubaye, elle a connu plusieurs essaims sismiques majeurs, notamment en 2003–2004, 2012, et 2014–2015, atteignant une magnitude de 4,8 en 2014 (Sismalp).
Plus récemment, entre août 2024 et janvier 2025, une intense crise sismique a secoué la région : près de 15 300 séismes ont été enregistrés par le réseau permanent Sismalp, dont un événement de magnitude 4 sous le Brec de Chambeyron.
Pour gagner en précision et percer les mécanismes physiques de cette sismicité, le projet MADALPS a déployé un dispositif exceptionnel. Ce réseau est le fruit d’une collaboration technique étroite entre trois partenaires majeurs :
- ISTerre (ISTerre – OSUG, CNRS / IRD / UGA / Univ. Savoie Mont-Blanc / Univ. Gustave Eiffel) : 44 capteurs
- Géoazur (Université Côte d’Azur /Observatoire de la Côte d’azur/ CNRS / IRD) : 16 capteurs
- L’ASNR (L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) : 10 capteurs
En amont du déploiement sur le terrain, l’ensemble du matériel et de l’instrumentation a été préparé et testé par les équipes techniques des laboratoires partenaires, garantissant ainsi la fiabilité des enregistrements et le bon déroulement de la mission.
Puis, du 8 au 19 octobre 2025, les équipes (ingénieurs, doctorants, chercheurs) ont arpenté la vallée de l’Ubaye, le Queyras (France), ainsi que les vallées de la Stura et de la Maira (Italie) pour installer les stations en voiture, ou parfois dans des zones d’accès difficile uniquement accessibles à pied afin de couvrir de la façon la plus homogène possible la zone d’intérêt.
Les capteurs enregistrent en continu les mouvements du sol jusqu’à leur récupération prévue en mai 2026, soit neuf mois après l’installation. Ce réseau temporaire complète les réseaux sismologiques permanents, en apportant une densité d’observation inédite dans cette région.
Ce réseau permettra d’abaisser le seuil de détection sismique, d’obtenir une localisation plus précise de l’activité sismique, et ainsi de mieux connaître les failles actives et de comprendre les mécanismes tectoniques actifs en cours dans les Alpes du Sud.
Contacts scientifiques locaux :
• Agnès Helmstetter, chercheuse CNRS à ISTerre
• Christian Sue, enseignant-chercheur UGA à ISTerre
• Eloïse Granier, doctorante à ISTerre
Mis à jour le 26 janvier 2026
Intranet


