Sur l’île Amsterdam, une mission scientifique pour relancer l’observation de l’atmosphère
L’île Amsterdam dans les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) est située à mi-chemin entre l’Afrique et l’Australie et ravitaillée 3 à 4 fois par an par le navire de recherche Marion Dufresne. Une trentaine de personnes y réside à l’année pour les besoins de fonctionnement des infrastructures et pour des programmes scientifiques variés allant de l’ornithologie, l’étude de la flore, la sismologie et l’étude du champ magnétique terrestre jusqu’à l’atmosphère.
Depuis 1980, cette île abrite aussi une station de mesure de l’atmosphère labellisée GAW (Global Atmospheric Watch) par l’Organisation Mondiale de la Météorologie. Amsterdam fournit des données au monde entier, parmi les plus connues se trouvent la série ininterrompue des concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO₂) et de méthane (CH₄) mesurées depuis 1980, ce qui en fait l’une des séries temporelles les plus longues au monde, la plus longue dans l’hémisphère sud.
En janvier 2025, un incendie majeur s’est déclenché sur l’île ravageant plus de 50% de sa surface. Le sinistre, dont l’origine reste encore inconnue, a détruit une grande partie de la flore de l’île et a endommagé entre autres les alimentations électriques.
L’incendie avait marqué un coup d’arrêt brutal de observations de la composition atmosphérique de l’Ile Amsterdam. Après des efforts remarquables entrepris par les personnels des TAAF pour remettre en état rapidement les infrastructures vitales de la base de Martin de Viviès pendant le premier semestre 2025, une mission comprenant des personnels de l’IPEV (Institut Polaire), du LSCE, de l’IGE, et du LAMP a mené une opération délicate en novembre et décembre dernier, celle de déplacer les instrumentations atmosphériques initialement positionnées sur le site de Pointe Bénédicte – aujourd’hui non raccordé électriquement en raison de l’incendie - sur les hauteurs de la base de vie, et de redémarrer les instruments atmosphériques.
Appuyé par l’IPEV, et aidé par les personnels des TAAF, les programmes d’observations des gaz à effet de serre (programme 416 IPEV), des propriétés optiques et microphysiques des aérosols dans la colonne atmosphérique (programme IPEV 1165), de la composition physicochimique des aérosols (IPEV 1274), du mercure et des contaminants émergents (IPEV 1028) et de la capacité oxydante de l’atmosphère (IPEV 1177) ont repris du service depuis quelques semaines désormais.
Grâce à cet effort collectif, les observations du climat, de la composition de l’atmosphère, des polluants des écosystèmes sont de nouveaux opérationnelles et vont fournir des données essentielles pour le suivi de notre environnement et la compréhension du climat. L’île Amsterdam est en effet un site d’observation unique au monde en raison de son éloignement des sources humaines et de sa situation privilégiée au cœur de l’Océan Indien, peu exploré.
En savoir + :
📰 Article : Mercure atmosphérique : une décennie d’observations sur l’île Amsterdam
Contact scientifique local :
– Aurélien Dommergue, enseignant-chercheur UGA à l’IGE
Mis à jour le 10 février 2026
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