Un système d’au moins six exoplanètes révélé après dix ans d’observations

Vue d’artiste du système autour de l’étoile HIP 41378. Les anneaux autour de HIP 41378 f ne sont pas confirmés. Crédit : Salomé Grouffal
Une équipe internationale menée par Salomé Grouffal du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (Université d’Aix-Marseille/CNES/CNRS) et de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble Alpes) a étudié pendant dix ans un système planétaire exceptionnel comportant au moins six planètes à longues périodes orbitales, la plus externe atteignant l’orbite de Mars. Un tel système, rare, offre une nouvelle fenêtre pour comprendre la diversité des systèmes planétaires. Les planètes du système HIP 41378 passent devant leur étoile [1], imposant un alignement presque parfait avec la Terre. Or, seul un système comme HIP 41378 sur 200 est dans cette configuration, et la plupart des planètes en transit connues sont donc très proches de leur étoile. HIP 41378 est donc essentiel pour étudier les planètes dans un environnement comparable à celui système solaire.

Découvert en 2015 par le télescope Kepler, HIP 41378 comptait déjà cinq planètes, mais leur nature et leurs orbites restaient mal connues. La compréhension de ce système a nécessité une décennie d’observations avec des instruments majoritairement au Chili [2], qui ont mesuré les variations des vitesses de l’étoile sous l’influence des planètes [3]. Ces signaux, plus faibles que la vitesse d’un piéton, ont joué à cache-cache avec les astronomes.

HIP 41378 devient ainsi l’un des premiers systèmes multiples où des planètes à longue période sont bien caractérisées. Il se compose de trois planètes internes plus petites que Neptune et de trois planètes externes, peu denses et pouvant atteindre la taille de Saturne. Une septième planète, plus éloignée, reste à confirmer.
La planète externe HIP 41378 f est intrigante : sa densité extrêmement faible défie les modèles de formation planétaire. Serait-elle entourée d’anneaux géants ou de nuages opaques étendus ? De futures observations sont nécessaires pour en élucider l’origine.

Ce système constitue un laboratoire précieux pour la planétologie comparée et ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre la formation et la diversité des systèmes planétaires.


Référence

A decade of monitoring the HIP 41378 planetary system - Masses and orbital periods of six planets and a planet candidate. S. Grouffal, A. Santerne, X. Dumusque, B. Akinsanmi, T. Guillot, N. C. Hara, A. Leleu, L. Malavolta, M. Saillenfest, D. J. Armstrong, S. C. C. Barros, D. Bayliss, A. S. Bonomo, D. J. A. Brown, A. Collier Cameron, M. Cretignier, I. J. M. Crossfield, F. Dai, M. Damasso, O. Demangeon, P. Figueira, P. Leonardi, A. F. Martínez Fiorenzano, M. López-Morales, E. Molinari, A. Mortier, L. D. Nielsen, H. P. Osborn, E. Petigura, K. Rice, N. C. Santos, A. Sozzetti, S. Sulis, S. Udry and C. Watson. A&A, 710 (2026) A275. DOI : DOI:10.1051/0004-6361/202659666

Contact scientifique local

 Salomé Grouffal, postdoctorante UGA au laboratoire IPAG

Ce communiqué de presse a été initialement publié par le CNRS

[1Méthode des transits

[2Grâce aux spectrographes HARPS et ESPRESSO au Chili, HARPS-N en Espagne et HIRES à Hawaii.

[3Méthode des vitesses radiales

Mis à jour le 1er juillet 2026