À Madagascar, une nouvelle étape dans la formation en hydrologie pour répondre aux enjeux climatiques

Réalisation de mesures physico-chimiques et hydro-climatiques en pirogue sur le lac Masotsora. © S. Bigot
Du 4 au 8 mai 2026, le laboratoire des RadioIsotopes (LRI, Université d’Antananarivo) a accueilli la seconde édition de l’Ecole Thématique « Hydrologie, Zone Critique pour une gestion durable des ressources en eau », co-organisée avec l’Institut des Géosciences de l’Environnement de Grenoble (IGE-OSUG, CNRS/IRD/UGA/INRAE/Grenoble INP-UGA) et financé par le Labex OSUG. Destinée aux étudiants de masters, doctorants, post-doctorants et personnels malgaches en poste (laboratoires, ministères, bureaux d’étude, ONG), cette formation vise à renforcer les compétences locales en hydroclimatologie, hydrogéologie et gestion des ressources en eau, dans un contexte de forte vulnérabilité climatique et de besoin croissant en données environnementales et outils de modélisation.

Une seconde édition renforçant les apprentissages en instrumentation et mesures de terrain

Cette école thématique s’inscrit dans les actions annuelles de l’IRN (International Research Network) franco-malgache CC-MADA (Changements Climatiques à Madagascar : impacts sur les sylvo-hydro-agrosystèmes) piloté par le CNRS (INSU) et coordonné par l’IGE avec le soutien de l’IRD (DISCO).

Après une première édition organisée en 2025, cette nouvelle session avait pour objectif de consolider les capacités nationales pour la mesure, l’analyse et la modélisation des processus de la Zone Critique, et particulièrement en lien avec la variabilité du climat et des ressources en eau de surface et souterraine.

Mesures piézométriques et physico-chimiques réalisées par les étudiants dans des puits villageois périphériques du lac Masotsora. © S. Bigot

Une édition 2026 plus ambitieuse

Pendant cinq jours, 25 participants ont suivi des enseignements théoriques et pratiques en hydroclimatologie, hydrogéologie et hydro-géochimie environnementale assurés, en présentiel et en distanciel, par des chercheurs en poste à Madagascar, en France ou au Vietnam. Plusieurs opérateurs institutionnels ou privés malgaches liés aux ressources en eau (Ministère de l’Eau, Ministère de l’Environnement, Compagnie Générale d’Hydroélectricité de Volobe, FAO Madagascar, Sunfarming) sont également intervenus.

Afin de répondre aux attentes formulées par les participants de 2025, l’équipe organisatrice a :

  • d’une part augmenté la durée de l’école (passée de 3 à 5 jours),
  • et d’autre part, renforcé les activités pratiques et expérimentales :
    • Demi-journée de travaux pratiques sur le terrain (avec la visite d’un site de surveillance de l’APIPA (Autorité pour la Protection contre les Inondations de la Plaine d’Antananarivo),
    • Journée d’expérimentations in situ en instrumentation hydrologique et physico-chimique autour et sur le Lac de Masotsora (situé à environ 30 km au sud d’Antananarivo).
    • Ateliers en géomatique et webcomputing, en gestion des mesures provenant de l’observation et en traitement de données (à partir des mesures in situ réalisées durant la semaine).
Ateliers en instrumentation environnementale, géomatique et traitement de donnée. © S. Bigot

Vers une 3ème édition en 2027

Face au succès de cette formation, au grand nombre de candidatures reçues et au soutien renouvelé des autorités universitaires malgaches et du représentant IRD à Madagascar, une 3ème édition est déjà envisagée pour 2027 avec toujours plus d’ambitions, notamment en réalisant l’Ecole Thématique partagée entre Antananarivo et une université en province, Toliara ou Mahajanga. Ces activités s’inscriront également dans le projet Erasmus+ FRESHMAD (Formation et recherche en sciences de l’hydrologie et de la durabilité à Madagascar), en cours d’évaluation, porté par l’UGA/IGE en partenariat avec ces trois établissement malgaches.

Photo de la promotion des participants et des organisateurs de l’école thématique 2026 ‘Hydrologie, Zone Critique pour une gestion durable des ressources en eau’. © S. Bigot

Contacts scientifiques locaux

 Sylvain Bigot, Professeur à l’Université Grenoble Alpes, géographe-climatologue à l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE)
 Guillaume Favreau, Hydro-Géologue IRD à l’IGE
 Romain Biron, Ingénieur de Recherche IRD à l’IGE

Mis à jour le 22 mai 2026