ERC Starting Grant 2026 : deux lauréats pour l’OSUG
Nicolas Scepi, lauréat de l’ERC Starting Grant 2026
La recherche de Nicolas Scepi, est centrée sur l’étude théorique et numérique des disques d’accrétion autour de naines blanches et de trous noirs. Il est chargé de recherche au CNRS depuis 2026 à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (IPAG) au sein de l’équipe hautes énergies (SHERPAS). Après une licence et un master de physique à l’École Normale Supérieure de Cachan et Paris VI avec une spécialisation en master 2 en physique des plasmas, il a effectué sa thèse à l’IPAG de 2016 à 2019. Suite à sa thèse, il a effectué trois post-doctorats : d’abord au Joint Institute of Laboratory Astrophysics dans le Colorado aux États-Unis (2019-2022), puis à l’Université de Southampton en Angleterre (2022-2023) et enfin à l’IPAG (2023-2026).
Le projet STORM « Simulating Transient and clumpy Outflows in Radiative and Magnetized disk around black holes »
L’accrétion dans les disques autour de trous noirs est un des processus libérant le plus d’énergie dans l’Univers. Cette énergie peut notamment être libérée sous la forme de vents, des éjections de matière très denses venant du disque. Ces vents, qui sont le sujet principal de cette ERC, jouent un rôle central en astrophysique. Ils régulent la croissance des trous noirs et gouvernent l’évolution des galaxies. Par ailleurs, ils absorbent ou diffusent une grande partie de la lumière venant des disques d’accrétion, biaisant notre compréhension de ces objets. De nouvelles observations de la mission en rayons X nommée XRISM ont montré que ces vents, au lieu d’être continus et stationnaires, sont très grumeleux et transients, invalidant tous nos modèles actuels. Le but de l’ERC STORM est de comprendre de quelle manière de tels vents grumeleux et transients sont lancés dans les disques autour de trous noirs de masse stellaire et de trous noirs supermassifs, en utilisant des simulations de magnéto-hydrodynamique radiative. Les modèles prédictifs de vents issus de cette ERC serviront de cadre d’interprétation aux données venant de XRISM ainsi qu’au futur observatoire de haute résolution en X, NewAthena.
Ségolène Vandevelde, lauréate de l’ERC Starting Grant 2026
Ségolène Vandevelde rejoint le laboratoire Environnements, Dynamiques et Territoires de la Montagne (EDYTEM – CNRS/Université Savoie Mont-Blanc) au 1er octobre 2026. Elle est actuellement chercheuse postdoctorale Marie Skłodowska-Curie Actions (MSCA-PF) à l’Université de Cantabrie (Espagne) et docteure en archéologie, anthropologie et préhistoire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2019). Ses recherches à la croisée des sciences naturelles et des sciences humaines ont notamment permis le développement d’une méthode pionnière : la fuliginochronologie, qui consiste à étudier les traces de suie prisonnières de concrétions calcaires, pour reconstituer à haute résolution les chroniques d’occupation humaine des sites souterrains (grottes, abris sous roche). Elle est également engagée sur les enjeux éthiques en archéologie (co-commissaire de l’exposition « Archéo-Sexisme », traduite en 6 langues, en tournée dans 14 pays, et co-organisatrice du colloque international « Archéo-Éthique », Paris, 2018) et sur les enjeux environnementaux (membre de Labos1point5). Elle a reçu plusieurs prix et distinctions comme la bourse L’Oréal-UNESCO Femmes et la Science (2018), le Prix de thèse de l’Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques (2023), et le Prix Brepols Early Career Researchers de l’Union Académique Internationale (2023).
Le projet TARS - Traces of Anthropogenic fires in speleothems : Revealing timings of occupation in sites with Symbolic use
La mobilité est fondamentale pour les sociétés humaines : les territoires sont habités dans l’espace et le temps selon des rythmes spécifiques. Si la dimension spatiale de la mobilité est largement étudiée, sa dimension temporelle reste difficilement accessible : les datations classiques ont des incertitudes décennales à millénaires, et les assemblages cumulatifs empêchent de distinguer les événements d’occupation.
Le projet TARS vise à dépasser cette limite en se concentrant notamment sur les dynamiques d’occupation des sites à fonction symbolique, où les pratiques (art pariétal, sépultures) révèlent aussi le calendrier social des groupes préhistoriques. Trois objectifs majeurs guident ce projet ERC « TARS », porté par Ségolène Vandevelde : discriminer différents usages des sites (torches vs foyers, éclairage vs crémations) ; construire des chroniques d’occupation annuelles révélant les rythmes saisonniers et pluriannuels sur plusieurs générations ; comparer la dynamique des sites symboliques versus économiques pour déterminer leur intégration dans les cycles de nomadisme.
En accédant à une échelle temporelle proche du « temps vécu » par les humains, TARS offrira des données inédites sur la place de ces contextes symboliques tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’archéologie de haute résolution temporelle.
Contacts scientifiques locaux
► Nicolas Scepi | post-doctorant CNRS à l’IPAG / OSUG
► Ségolène Vandevelde | chargée de recherche CNRS à l’EDYTEM / OSUG à partir du 1er octobre
► Retrouvez la liste des lauréats
► A lire également l’actualité publiée par le CNRS et sur le site du CNRS INSU.
Mis à jour le 4 septembre 2026
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