La chimie de l’iode joue un rôle dans la destruction de l’ozone Arctique

La diminution de l’ozone stratosphérique, en particulier dans l’Antarctique, est bien connue. Les émissions anthropiques de chlorofluorocarbones (CFC) en sont le principal facteur. Toutefois, des phénomènes de destruction de l’ozone similaires sont observés près de la surface de la Terre. Au cours de ces périodes d’appauvrissement, les concentrations d’ozone tombent pratiquement à zéro. Jusqu’à récemment, on pensait que ces événements d’appauvrissement à la surface se produisaient principalement en raison de la destruction catalytique par un seul type d’halogène [1] , le brome, qui est émis dans l’atmosphère depuis la région de la banquise. Mais récemment, le rôle de l’iode (autre espèce d’halogène) a été prise en compte.
Une équipe de scientifique, dans laquelle est impliquée l’IGE [2] (l’un des laboratoires de la fédération OSUG), a mené des observations de mars à octobre 2020 sur un navire dans la région du Haut-Arctique et ont montré que l’iode renforce la destruction de l’ozone troposphérique au printemps. A l’aide d’un modèle chimique, les observations ont montré que les réactions entre l’iode et l’ozone sont le deuxième plus grand contributeur à la perte d’ozone de surface, après la perte initiée par la photolyse de l’ozone, et devant le brome. Cela change le paradigme de plusieurs décennies sur les facteurs de perte d’ozone photochimique dans l’Arctique. Ces résultats indiquent que la chimie de l’iode pourrait jouer un rôle de plus en plus important à l’avenir et doit être prise en compte pour une quantification précise du bilan d’ozone dans l’Arctique, qui agit également comme un gaz à effet de serre. De plus, les émissions d’iode devraient augmenter dans un avenir proche.

Références
Benavent, N., Mahajan, A.S., Li, Q. et al. Substantial contribution of iodine to Arctic ozone destruction. Nat. Geosci. (2022).
Contact scientifique local
– Hans-Werner Jacobi, chercheur CNRS à l’IGE-OSUG | Hans-Werner.Jacobi univ-grenoble-alpes.fr
Cet article a initialement été publié par le CNRS-INSU.
[1] Ces éléments - formant facilement et couramment des sels (halos = sel) avec les métaux - ont des propriétés très puissantes dans les domaines chromatiques et lumineux, notamment en ce qui concerne l’éclairage, la photoluminescence et le blanchiment.
[2] Institut des géosciences et de l’environnement (IGE - OSUG)
Tutelles : CNRS / UGA / Grenoble INP / IRD
Mis à jour le 8 novembre 2022