La glace du Mont Blanc révèle un lien inédit entre poussières sahariennes et climat en Europe de l’Ouest
Une carotte de glace de 38.6 m de long récemment extraite dans le massif du Mont Blanc a archivé l’évolution de l’aérosol et du climat en Europe depuis 12 000 ans. La mesure de la composition chimique de l’aérosol terrigène présent dans cette glace, poussières insolubles, calcium, strontium, aluminium, ainsi que l’alcalinité de la glace démontre le rôle majeur des apports sahariens sur le dépôt d’aérosol terrigène en Europe occidentale, et ce quelle que soit la période de temps.
Dans la glace du Mont Blanc le début de l’Holocène (8000 à 4000 ans BP) se caractérise par des apports sahariens faibles suivi d’une nette augmentation liée à l’aridification du Sahara marquant la disparition du « Sahara vert », phénomène lié à la migration de la mousson vers le sud en réponse à la baisse d’insolation de la seconde partie de l’Holocène. Les signaux climatiques de la glace déposée durant les deux derniers millénaires, une période mieux documentée en termes d’aridité en Afrique et de températures en Europe, révèle clairement les périodes climatiques clés de cette période, de la période chaude Romaine (1700-2100 ans BP), la période froide de la fin de l’Antiquité, l’Anomalie Climatique Médiévale, le Petit Age Glaciaire, à la période contemporaine.
Les scientifiques observent de plus une augmentation des dépôts sahariens en périodes chaudes associée à une aridité accrue au Sahara liée à une oscillation nord-Atlantique positive forcée par l’augmentation de l’insolation et/ou une diminution de l’activité volcanique. Ce lien entre apports sahariens sur l’Europe et climat pourrait constituer dans le futur un important feedback positif par accélération de la disparition des glaciers Alpins suite à une baisse de l’albédo (neiges colorées).
Référence
Legrand, M., McConnell, J. R., Dulac, F., Dayan, U., Preunkert, S., Chellman, N., et al. (2026). An 8,000 years Alpine ice‐core record of climate and dust : The role of Saharan dust. Geophysical Research Letters, 53. DOI : 10.1029/2026GL123787.
Contact scientifique local
– Michel Legrand, Chercheur CNRS au LISA
– Suzanne Preunkert, chercheuse CNRS à l’IGE / OSUG
Cet article a été publié par le CNRS INSU.
[1] Autre laboratoire CNRS impliqué : Laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphèriques (LISA-IPSL, CNRS / UPEC / Univ. Paris Cité)
Mis à jour le 8 juillet 2026
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