Première détection de l’acide organique le plus simple dans le disque protoplanétaire entourant une jeune étoile solaire

La formation des planètes et l’origine de la vie sur Terre sont parmi les questions les plus intrigantes pour l’humanité. En utilisant le télescope Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA, Chili), un groupe international d’astronomes, dont des chercheurs de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (IPAG/OSUG, UGA/CNRS), a, pour la première fois, détecté l’acide formique (HCOOH) dans le disque protoplanétaire TW Hydrae, situé à seulement 190 années-lumière de notre Soleil. Ce résultat a été publié le 16 juillet 2018 dans la revue Astrophysical journal letters.



Notre compréhension actuelle est qu’une phase cruciale de la formation des planètes se produit à l’intérieur des disques dits protoplanétaires entourant l’étoile en formation, qui sont des analogues du site de naissance de notre propre Système Solaire. En effet, la composition chimique de ces disques façonne les propriétés des planètes en formation et leurs atmosphères primitives, ainsi que la composition des comètes et des astéroïdes. Dans le contexte d’une connexion Interstellaire-Terre et, en particulier, du bombardement terrestre précoce par les petits corps du Système Solaire (comètes et astéroïdes), il est probable que des molécules prébiotiques, qui auraient pu rendre possible l’apparition de la vie sur Terre, étaient déjà présents dans le disque protoplanétaire.

En utilisant le télescope Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA, Chili), un groupe international d’astronomes, dont des chercheurs de l’IPAG, a, pour la première fois, détecté l’acide formique (HCOOH) dans le disque protoplanétaire TW Hydrae, situé à seulement 190 années-lumière de notre Soleil. L’acide formique, dont le nom dérive de sa présence abondante dans les fourmis terrestres, est l’acide le plus simple. "Ce dernier contient un groupe carboxylique (-COOH), qui sert de base à la synthèse d’acides carboxyliques et d’acides aminés plus complexes utilisés par la vie sur Terre", a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Cécile Favre. Plus spécifiquement, cette espèce est impliquée dans une voie chimique conduisant à la glycine, l’acide aminé le plus simple, à la base de nombreuses protéines


Source

First detection of the simplest organic acid in a protoplanetary disk, Cécile Favre, Davide Fedele, Dmitry Semenov, Sergey Parfenov, Claudio Codella, Cecilia Ceccarelli, Edwin A. Bergin, Edwige Chapillon, Leonardo Testi, Franck Hersant, Bertrand Lefloch, Francesco Fontani, Geoffrey A. Blake, L. Ilsedore Cleeves, Chunhua Qi, Kamber R. Schwarz, Vianney Taquet, Astrophysical journal letters, 862, L2 (2018). DOI:10.3847/2041-8213/aad046

Contact scientifique local

- Cecilia Ceccarelli, IPAG/OSUG | cecilia.ceccarelli univ-grenoble-alpes.fr

Cette actualité est publiée par

- L’Istituto nazionale di astrofisica (INAF)