Prix de thèse 2026 : Manon Lorcery lauréate du prix de thèse interdisciplinaire

L’Université Grenoble Alpes a récompensé treize docteures et docteurs diplômés en 2025 dont le travail de thèse est jugé d’une qualité exceptionnelle : 7 pour récompenser l’excellence académique, 3 pour promouvoir l’interdisciplinarité, 2 pour soutenir l’innovation tant technologique que sociale et 1 pour encourager la transformation écologique. Les prix seront remis lors de la « Cérémonie des docteurs » le 9 juin 2026.

Les candidates et candidats avaient été sélectionnés au préalable par les treize écoles doctorales de l’Université Grenoble Alpes parmi les 640 diplômés en 2025. Les jurys des prix de thèse innovation et des prix de thèse académique se sont déroulés respectivement les 4 et 6 mai derniers et les prix seront remis officiellement lors de la « Cérémonie des docteurs » le 9 juin 2026 à partir de 17h00.

L’Université Grenoble Alpes a ainsi distingué treize docteures et docteurs diplômés en 2025 dont le travail de thèse est jugé d’une qualité exceptionnelle. Ces prix viennent reconnaitre l’excellence de la recherche réalisée par ces jeunes scientifiques dans leurs laboratoires.

Les prix de thèse récompensent :

  • 7 prix de thèse académique pour l’excellence propres à chaque champ disciplinaire et représentée par les Écoles doctorales et les Pôles de recherche du site ;
  • 3 Prix de thèse académique interdisciplinaire pour un travail de recherche valorisant l’ouverture et couvrant au moins deux spécialités de doctorat significativement différentes ;
  • 2 prix de thèse innovation incluant également une démarche de valorisation et de transfert vers la société tant d’un point de vue technologique que social ;
  • 1 prix de thèse transformation écologique pour une thèse qui contribue de manière exemplaire à la transformation écologique, entendue comme l’ensemble des mutations sociales, économiques, technologiques, culturelles et environnementales nécessaires à une société durable et respectueuse des limites planétaires.

Comme chaque année les candidates et candidats sont départagés a minima selon l’excellence scientifique de la thèse, l’aptitude à présenter ses travaux de façon claire et concise, l’intérêt et les retombées scientifiques pour la discipline et le cas échéant la qualité de la production scientifique durant la thèse. Des critères complémentaires s’ajoutent selon la nature du prix de thèse : interdisciplinaire, innovation et transformation écologique.

Manon Lorcery : lauréate du prix de thèse académique interdisciplinaire

Intitulé de la thèse : L’évolution de la biodiversité dans le temps et l’espace : interactions environnementales, évolutives et écologiques

Une inégale répartition de la vie

Pourquoi la biodiversité est-elle particulièrement riche sous les tropiques ? Cette question, centrale en écologie, trouve ses racines dans l’histoire profonde de notre planète. La biodiversité actuelle est le fruit de millions d’années d’interactions entre le vivant et une Terre en perpétuel changement : mouvement des continents, formation des montagnes et évolutions climatiques. La thèse de Manon explore comment ces dynamiques environnementales ont façonné, sur 125 millions d’années, les grands modèles de répartition des mammifères terrestres.

Des modèles numériques pour remonter le temps

Pour dépasser les limites des archives fossiles souvent fragmentaires, le travail de Manon repose sur le développement de modèles numériques inédits. En combinant des reconstructions passées du climat, de la tectonique et de la géomorphologie, ses simulations permettent de tester l’influence des processus biologiques (dispersion, spéciation, extinction) à travers les âges. Ses résultats confirment que la concentration exceptionnelle d’espèces dans les tropiques – le gradient latitudinal de diversité – est une caractéristique stable de notre planète depuis au moins 125 millions d’années, agissant à la fois comme un berceau (émergence de nouvelles espèces) et un refuge (persistance à long terme).

Points chauds et stratégies évolutives

À l’échelle régionale, la richesse des « points chauds » de biodiversité s’explique par l’histoire spécifique de leurs paysages. Si la stabilité favorise la survie, ce sont les paysages dynamiques (chaînes de montagnes en formation, réseaux hydrographiques complexes) qui stimulent l’apparition d’espèces nouvelles. La thèse de Manon souligne également l’importance des stratégies individuelles : si les espèces « généralistes » dominent le globe par leur tolérance, les espèces « spécialistes », adaptées à des conditions montagneuses ou climatiques très précises, sont les véritables piliers de la diversité régionale.

Une vision intégrative du système Terre-vivant

L’interdisciplinarité constitue ici le fondement même de la recherche de Manon. En refusant de juxtaposer simplement les domaines, sa thèse opère une fusion entre les sciences de la Terre (climatologie, géodynamique, géomorphologie) et les sciences du vivant (écologie, biologie évolutive). Les transformations physiques de la surface terrestre ne sont plus traitées comme de simples variables externes, mais comme des moteurs dynamiques couplés au vivant. Cette approche « humboldtienne » dépasse les cloisonnements traditionnels pour modéliser un système Terre-vivant où la géologie et la biologie interagissent explicitement pour produire la complexité biologique que nous observons aujourd’hui.

Mots clés : tectonique, géomorphologie, biodiversité

  • École doctorale : ED STEP - Sciences de la Terre, de l’Environnement et des Planètes
  • Laboratoire d’accueil : Institut des Sciences de la Terre (ISTerre - UGA/CNRS/USMB/IRD/UGE)
  • Direction de thèse : Laurent Husson et Tristan Salles

Cette actualité a été initialement publiée par l’Université Grenoble Alpes.

Mis à jour le 26 mai 2026