Les quatre premiers grands télescopes de l’observatoire CTAO inaugurés aux Canaries
- Le 15 octobre 2026, quatre télescopes de grande taille de l’observatoire international CTAO ont été inaugurés sur l’île de La Palma, aux Canaries. Ils ouvrent une nouvelle étape dans l’exploration des phénomènes les plus énergétiques de l’Univers.
- Le CNRS et le CEA ont eu un rôle majeur dans la construction de ces instruments, notamment grâce à l’expertise de plusieurs laboratoires français.
- CTAO a pour ambition de devenir l’observatoire d’astronomie gamma de très haute énergie le plus sensible au monde, pour étudier notamment les événements cataclysmiques : supernovæ, trous noirs supermassifs entre autres événements astrophysiques de très haute énergie.
Un nouveau regard sur les phénomènes extrêmes de l’Univers
Dans l’Univers, les trous noirs supermassifs au cœur de galaxies actives, les restes de supernova ou les sursauts gamma aux durées très courtes sont à l’origine de rayons gamma aux énergies les plus extrêmes.
Les télescopes de CTAO, et en particulier les quatre télescopes de grande taille [1], utilisent la technique d’imagerie « Cherenkov atmosphérique » qui permet de détecter ces rayons gamma à partir des faibles éclairs bleutés qu’ils produisent dans l’atmosphère. L’analyse de cette lumière permet aux scientifiques de déterminer l’énergie et la direction des rayons gammas, de produire des cartes du ciel et, au final, de remonter jusqu’aux phénomènes astrophysiques à l’origine de son émission.
CTAO reposera sur deux sites complémentaires : à La Palma, dans l’hémisphère Nord, pour étudier notamment les sources extragalactiques, et au Chili, dans l’hémisphère Sud, où le second site est en cours de construction, pour observer en particulier les régions centrales de notre Galaxie.
Les quatre télescopes de grande taille inaugurés à La Palma constituent une première étape dans le déploiement de cet observatoire international, le plus sensible jamais construit pour l’astronomie gamma.
Une contribution majeure de la recherche française
La France est l’un des principaux contributeurs de CTAO, avec une participation portée notamment par le CNRS et le CEA. Plusieurs laboratoires du CNRS ont pris part à la conception, construction et mise en service des quatre LST.
Le Laboratoire d’Annecy de physique des particules (CNRS/Université Savoie Mont-Blanc) a notamment :
- Conçu les arches en fibres de carbone qui soutiennent les caméras de plusieurs tonnes, placées au foyer des miroirs de 23 mètres de diamètre.
- Développé le système d’entraînement des télescopes, qui permet de pointer vers les objets astrophysiques observés et de se réorienter en moins de 30 secondes en cas d’alerte d’une explosion cosmique.
- Contribué à l’analyse des données en temps réel qui permet de renvoyer au monde extérieur une alerte pour permettre des observations complémentaires.
Le Centre de physique des particules de Marseille (CNRS/Aix Marseille Université) intervient dans le traitement des données des caméras et leur calibration, tandis que le Laboratoire de physique des 2 infinis Irène Joliot Curie (CNRS/Université Paris-Saclay) a développé des logiciels assurant la surveillance et le bon fonctionnement de leurs équipements. Les outils de traitement et d’analyse des données sont des prototypes développés au CEA et au CNRS.
CTAO s’inscrit dans un effort scientifique international de long terme. Les quatre premiers télescopes ne sont qu’un début : à mesure que les réseaux seront complétés sur les deux sites, ils permettront d’observer l’ensemble du ciel avec une sensibilité inédite et d’explorer des phénomènes encore largement méconnus.
En savoir +
► Reportage photos CNRS Images : Installation du télescope LST-2 à La Palma
► Les défis du CEA : L’univers gamma de CTA
Contact scientifique local
– Pierre-Olivier Petrucci, chargé de recherche CNRS au laboratoire IPAG
Ce communiqué de presse a été initialement publié par le CNRS
[1] 1. Les miroirs segmentés des télescopes de CTAO ont des diamètres de 4, 12 et 23 m selon leur type et la gamme atteignable en énergies, des plus élévées (300 TeV) aux plus faibles (30 GeV). Les structures qui les soutiennent pointent a des hauteurs allant de 8 à 45 m pour un poids allant de 8 à 100 tonnes. Les réseaux de télescopes, 15 au nord, 77 au sud, couvriront une surface de 0.5 et 3 km2 respectivement.
Mis à jour le 20 octobre 2026
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